17.03.2008
Alors que j'écris ces lignes
Consigne d'écriture : Kaleïdoplumes.
J’aurais aimé pouvoir lui parler, les fantômes savent tant de choses mais ignorent les essentielles. Je lui aurais appris que s’accrocher à l’humanité c’est perdre la sienne, que nos sens sont à rendre à la Terre, qu’après la mort c’est comme avant la naissance : le claquement de doigt d’une éternité.
Je lui aurais murmuré que la non-présence n’est pas le vide, que la vie n’appartiendra jamais à personne, même le temps d’une vie.
Il aurait versé ces dernières larmes humaines pour ensuite pleurer de béatitude. Son être vaporeux se serait dissipé, rendant à l’air les derniers atomes auxquels il s’accrochait.
J’aurais aimé mais…mais…
Alors que j’écris ces lignes, je sens à nouveau sa présence. Il est là. Il me transmet qu’il m’a entendu lui écrire.
Il me demande de vous faire parvenir ces mots : « J’ai voulu chercher même après ma mort, celle que je n’ai pas trouvé durant ma vie. Celle qui était faite pour recevoir mon amour et dont j’étais conscient qu’elle n’existait peut-être pas. J’ai gardé, ma vie durant, cet amour pour moi, je n’en ai témoigné l’existence à personne. J’attendais de ne l’offrir qu’à elle, sentant que cet amour pur était trop précieux. J’ai été contraint d’abandonner le monde des vivants plus tôt que prévu, j’ai regretté de n’avoir pu ne serait-ce qu’exprimer mon amour pour elle au monde. Depuis trop de temps, j’erre, solitaire, dans cette obscurité des regrets, je t’ai entendu, toi le vivant, et, oui, il me faut rejoindre cette éternité blanche dont j’entends le tranquille appel. Avant de me dissiper, je tenais à faire parvenir ce message : Aimez-la ! Aimez-le ! Car celle ou celui vers qui se tend tout votre amour, le recevra d’une façon ou d’une autre. Ecrivez comment vous l’aimer ! Criez-le au monde. Ne cessez jamais d’exprimer la façon dont vous aimez. Car sachez que cet amour est reçu, transmis au delà même du temps et des continents. C’est mort que je l’ai appris, car c’est à l’instant que j’ai compris que l’Amour…c’est le don de soi. »
Je vois l’air scintiller de milliers d’éclats invisibles. Ca y est, il a compris qu’il devait s’abandonner pour pouvoir enfin aimer.
Je devrais être bouleversé et stupéfait de tous ces événements vécus à l’instant et transmis à vous par ces mots. Je ne suis que souriant. Souriant parce que j’ai la chance, moi qui suis encore bien vivant, de l’aimer, de le dire, de l’écrire, alors même qu’elle n’existe pas encore dans ma vie…
10:20 Publié dans Des consignes d'écriture qui mènent à toi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, amour, écriture, consigne, kaleïdoplumes


